Être insensible à la douleur, mais quelle perspective joyeuse ! Pouvoir faire n’importe quoi, toutes les conneries possibles et imaginables sans jamais ressentir la moindre douleur, sur le papier, c’est une chose vraiment géniale, voyons maintenant le côté réaliste de la chose si vous le voulez bien…

Être insensible ne veut pas dire ne pas pouvoir se blesser

En effet, on a tendance à très vite confondre les deux, mais c’est bien deux choses très différentes, ce n’est pas parce que vous ne ressentez pas la douleur que vous ne puissiez pas vous casser quelque chose ou vous abimer, vous ne le sentirez juste pas, ce qui est quelque chose de quand même assez dérangeant je trouve.

Dans mon cas, je ne ressens pratiquement aucune sensation dans l’avant-bras gauche et rien du tout dans la main gauche (ce qui m’a emmené à quelques situations assez cocasses, que je vous raconterai dans la suite de cet article). Le fait que je ne ressente aucune sensation inclus donc le fait que je ne ressente aucune douleur non plus, ce qui est dans mon cas, très problématique.

Vivre dans la crainte

La douleur est un signe précurseur, un signal d’avertissement de votre corps pour vous dire que quelque chose ne va pas bien, mais qu’est ce que vous faites quand ce signal ne va pas bien, quand il décide de ne pas fonctionner ? Et bien je vais vous le dire moi, vous vivez dans la crainte et la peur de vous être fait mal. C’est ce qui m’arrive pour le moment, et malheureusement c’est un des soucis qui restera jusqu’à la fin de ma vie.

Je vis donc dans la crainte de me blesser, cette crainte est constante et me fait attraper quelques réflexes, qui ressemblent plus à des tocs qu’autre chose. Mon premier réflexe est de toujours regarder mon poignet et ma main lorsque je fais une chute, toujours tenter de le bouger un peu et regarder s’il ne fait pas de bruit bizarre, pareil lorsque je porte quelque chose avec mon bras gauche, je dois toujours veiller après chaque chute (même infime) que je ne me sois pas fait mal, que je n’ai rien de cassé. Seulement, comment savoir si rien n’est cassé quand votre bras n’a de base pas une forme très normale, et aucun point de comparaison possible avec l’autre bras ? Et bien, on apprend et on espère chaque fois que c’est normal (jusque maintenant, je ne l’ai toujours pas perdu, c’est que ma technique fonctionne plus ou moins… !).

Autre gros soucis, qui est plus une grosse frayeur impossible qu’autre chose, j’ai TOUJOURS peur de perdre ma main, de me la faire arracher sans m’en rendre compte, ainsi, chaque fois que j’entends une porte lourde se fermer derrière moi en faisant un bruit, je suis OBLIGE de vérifier que je ne me suis pas bloqué la main dans cette porte et que je ne me retrouve donc pas avec une main en moins. C’est une crainte qui reste toujours. Je me concentre donc pour toujours faire rentrer ma main gauche avant tout le reste lorsque je monte en voiture, je la garde toujours contre mon corps ou dans mon autre main lorsque j’ouvre une porte, et plein de choses du genre.

Anecdote du poignet cassé

Je vous disais donc que chaque fois que je tombe, je suis obligé de vérifier que je ne me suis pas blessé, je ne fais pas ça sans raison, cette habitude/ce réflexe est même plutôt récente, elle provient d’ailleurs d’une petite chose qui m’est arrivée.

Il y a maintenant 7 ans, lorsque j’avais 12 ou 13 ans (je ne me souviens plus trop de l’âge exact à vrai dire), alors que j’étais à la patinoire avec le cours de sport de l’école. Je n’étais pas quelqu’un de très sportif (du moins à ce moment-là !), mais la patinoire était quelque chose qui me plaisait beaucoup, je me suis donc donné à fond, et comme tout le monde, il m’est arrivé de faire une chute, une petite chute pour les personnes normales, mais vu ma fragilité sur le côté gauche, cette petite chute n’était pas si petite, enfin soit.

Je me suis relevé, sans aucun souci ni douleur, et là, un ami m’a regardé avec une tête un peu bizarre, et il m’a dit de vérifier mon poignet, et qui était là pour dire bonjour ? Mon os ! Donc petit déplacement jusqu’au prof pour lui demander si c’est normal (et vu sa tête, ça ne l’était pas !), et entre-temps, mon gentil os avait décidé de bouger encore un peu. Devant la forme qu’avait prise mon bras, j’ai fait ce que tout homme courageux aurait fait, j’ai pratiquement fait un malaise. Enfin soit, il me maintient mon bras dans une position correcte grâce à une écharpe, et hop, à pied jusqu’à l’hôpital (de toute façon, je n’ai pas mal). Bonjour maman, oui je me suis fait un peu mal, non c’est bon, on peut aller à pied jusqu’aux urgences (ce qui représente 15 minutes de marche je dirais.)

Arrivé aux urgences, je passe assez vite, l’infirmier nous reçoit, et je pense que j’ai fait sa journée. Il me pose des questions telles que « Douleur de 1 à 10, en sachant que 1 on vous renvoi chez vous et 10 on vous met sous morphine, bon, ben je mets rien du coup. Antidouleur, bah toujours rien, décidément c’est génial », j’ai quand même dû lui remettre les pieds sur terre, ça marche uniquement dans le bras gauche, je sens très bien dans le reste du corps. Partie moins drôle après, on regarde mon bras qui avait pris une tout autre gueule, et hop, rémalaise (ou presque toujours), s’en suit une attente de une heure aux urgences, normale, et ensuite radio, etc., etc. On me replace les os sans me donner d’antidouleurs, de toute façon, ils ne servent à rien, mais au moins, je peux suivre l’avancement de l’opération en regardant les radios prises au fur et à mesure !

Enfin bref, c’était pour la petite histoire.

Une douleur différente

Je n’arrête pas de dire que je ne ressens pas la douleur, mais ce n’est pas tout à fait vrai, je la ressens d’une tout autre manière. Je ne sais pas trop comment vous l’expliquer, mais en gros, la douleur est une tout autre sensation, j’ai des envies de vomir, des poussées de températures, j’ai très chaud, bouffées de chaleur, sensations bizarres, une sensation que je ne saurais décrire et que je ne ressens que dans le bras gauche.

Je ne sais pas à quoi ressemble la douleur de ce côté, mais je connais cette sensation, et croyez-moi, je préfèrerais avoir mal. C’était juste pour clarifier certaines choses, ce que je ressens est encore différent des gens ayant une maladie qui les rend totalement insensibles à la douleur.

Pourquoi n’est-ce pas si génial

Alors maintenant, vous comprenez pourquoi quand on me dit « c’est génial, tu n’as jamais mal ! » je ne peux m’empêcher de laisser échapper un petit rictus. Croyez-moi, ce n’est pas génial, pas du tout.


J’ai tenté une nouvelle structure d’article séparé en titre et en section, je ne sais pas si c’est mieux ou pas, mais je tente beaucoup de choses pour le moment. Sinon comme d’habitude, je vous invite à poster des commentaires pour me poser des questions, pour discuter, pour me faire vos commentaires, cela me ferait extrêmement plaisir !

2 commentaires sur “Être insensible à la douleur, pur bonheur ou malédiction ?

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